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« Demain, imaginons des mondes »

Category: Entretien

Entretien avec l’artiste Pilar Arcila

A l’occasion de la projection des films sélectionné par le Jury Jeune Ecocitoyen se déroulant à Sausset-les-Pins, nous avons rencontré Pilar Arcilar. Psychologue de formation, elle s’est par la suite orientée dans le cinéma, et a entrepris de guider les enfants participant à l’atelier dans le choix de leurs films.

Pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Je m’appelle Pilar Arcilar et je suis réalisatrice de documentaires. Après avoir fait l’école de photographie d’Arles, je me suis orientée vers l’image animée, et plus spécifiquement vers le documentaire. J’anime également des ateliers avec des publics très divers, comme par exemple des enfants, où je fais ce que j’appelle des « créations partagées ».    

Pouvez-vous nous expliquer votre implication au sein du projet «Lecture par Nature» ?

Dans le cadre de ce projet, j’ai accompagné un groupe de jeunes de Châteauneuf-les-Martigues et nous avons réalisé une sélection de films pendant trois après-midis pour le jury jeune éco-citoyen. Ces films ont ensuite été présentés aujourd’hui lors d’une projection au public.

L’évènement consiste depuis le 31 Octobre à réaliser des ateliers de programmation de cinéma pour le jury jeune éco-citoyen. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce projet ?

Nous avons choisi un corpus d’une quinzaine de films et à chaque séance nous avons discuté à propos de ces films et nous avons fait une sélection. Les enfants ont réfléchi sur la technique utilisée dans ces films et devaient expliquer pourquoi ces films leur plaisaient et comment ils entraient dans la problématique de biodiversité et développement durable. Une fois les films choisis, nous avons dû les agencer. La programmation prévoyait 3 films et, par exemple, nous avons dû remplacer un film par un autre pour équilibrer la programmation.

Les enfants ont dû expliquer pourquoi ces films leur plaisaient et comment ils entraient dans la problématique de biodiversité.

Quel était le but de la dernière séance se déroulant le 16 Novembre ?

Il s’agissait de montrer au public les films choisis, ainsi que deux autres court-métrages. Les enfants ont ensuite parlé publiquement de leur choix, du déroulement des séances et d’échanger avec un public et une chercheuse présente pour compléter les questions du groupe et du public.

Pouvez-vous nous parler plus en détail sur l’ensemble des films présentés ?

Ce sont des films qui ont un lien avec la thématique biodiversité et développement durable, mais qui sont surtout des films singuliers par leur forme, par leur traitement. Ce sont des films d’animation, des films documentaires, des films avec un point de vue. On peut les qualifier de films d’auteur ou de films d’artistes. Ce sont surtout des films que les jeunes ne vont pas voir au quotidien ; ils ont été très bien acceptés mais ce sont des films qu’on ne va pas voir tous les jours sur des chaînes YouTube, par exemple. L’idée était de proposer des court-métrages originaux et avec des formes très diverses.

Ce sont surtout des films que les jeunes ne vont pas voir dans leur quotidien.

Pensez-vous que la rencontre entre la science et l’art est indispensable pour traduire les messages importants au public ?

Je ne dirais pas que c’est important, mais je pense que cela peut aider à ce que les gens puissent être sensibles à des sujets qui semblent très compliqués en termes de sciences. Depuis les débuts, art et sciences sont liés : le cinéma vient de recherches scientifiques et les artistes vont souvent dans le sens des scientifiques. Il y a donc un certain aller-retour entre art et science. Il est vrai que quand un chercheur parle, on va l’écouter différemment. L’art permet de traiter des thématiques scientifiques autrement, et va permettre probablement une meilleure écoute et une meilleure sensibilisation à des sujets.

Il y a un certain aller-retour entre art et science…

Comment pourriez-vous qualifier la projection d’aujourd’hui en 3 mots ?

Réussie, vivante et joyeuse, probablement (rires).

Pour terminer, comment est-ce que vous, vous imaginez demain ?

Compliqué mais avec plein de surprises. Je pense que nous aurons un futur probablement complexe, au niveau climatique notamment. Mais en même, temps les difficultés que nous rencontrerons demain vont devoir faire appel à de l’inventivité. J’imagine donc un futur plein de créativité.

Propos recueillis par Alix Journée

 

Vous pouvez trouver sur le même sujet un article présentant la projection du Jury Jeune Eco-Citoyen en compagnie de Pilar Arcilar.

Entretien avec Denis Alcaniz

Denis Alcaniz, doctorant en cinéma

Ce vendredi 26 Octobre, au sein de la médiathèque Edmonde Charles-Roux Defferre de  Berre-l’Etang, nous avons eu l’occasion de rencontrer Denis Alcaniz, doctorant en cinéma, qui a animé la présentation des praxinoscopes réalisés dans la journée en compagnie de Sabine Allard. Il a également, par une projection d’une sélection de courts-métrages, expliqué aux enfants et à leur famille les débuts du cinéma et la magie de l’illusion cinématographique.

Bonjour Denis, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Je suis Denis Alcaniz, je fais actuellement un doctorat à l’université d’Aix-Marseille et j’étudie plus particulièrement le sens de l’absurde dans le cinéma français du XXe siècle. Je travaille également pour le festival «Tous Courts» d’Aix-en-Provence, pour l’association qui fait le « Cinéma Plein Air » à Marseille et j’ai été embauché par Polly Maggoo grâce à l’université.

Pouvez-vous nous parler de l’événement «Lecture par Nature» ?

Apprendre à lire est une étape extrêmement importante dans la vie de chaque individu et le cinéma passe de toute façon par le médium du texte, donc par le médium de la lecture, que ce soit par le scénario, par le découpage technique Pour moi, c’est un événement qui est extrêmement important parce qu’il y a encore beaucoup d’analphabètes et d’illettrés en France. C’est également l’occasion pour les plus petits de les accompagner dans cette étape très importante qu’est l’apprentissage de la lecture.

« L’idée était de faire comprendre comment l’illusion cinématographique fonctionne »

Pouvez-vous nous parler de la programmation de courts-métrages que vous avez présentés aujourd’hui ?

Nous avons décidé de faire une programmation assez diverse dans ses genres, c’est-à-dire qu’il y a aussi bien des films scientifiques que des fictions ou que des films documentaires. Nous avons décidé d’aborder par nos courts-métrages les débuts du cinéma et comment il a été créé. Nous avons également voulu initier les spectateurs à la lecture cinématographique, c’est-à-dire à leur apprendre les bases de comment lire les images et comment lire les films.

A votre avis, que peut apporter l’événement que vous avez encadré aux enfants et à leur famille ?

Les enfants peuvent déjà apprendre du vocabulaire. Nous avons également voulu leur donner la possibilité de découvrir comment le cinéma a été créé et leur faire prendre conscience que le cinéma, et l’image au sens large, peut être manipulée. L’idée était de faire comprendre comment l’illusion cinématographique fonctionne et donner les armes intellectuelles et lexicales pour pouvoir décoder le cinéma.

Pour terminer, comment imagineriez-vous demain, le thème du festival ?

Je pense déjà au film produit par Mélanie Laurent et réalisé par Cyril Dion… (rires)Plus sérieusement, je pense qu’il faut se sensibiliser à l’écologie et avoir conscience que ce qu’on mange est ce qu’on est aussi… Pour moi, il faut réussir à trouver un juste équilibre entre l’existence humaine et la nature et se rendre compte qu’être humain, c’est vivre avec ce qui nous entoure et pas piétiner ce qui nous entoure.

Vous pouvez aussi retrouver sur le même sujet : un articledes photosune vidéo et une interview de Sabine Allard, réalisatrice de films d’animation.

Alix Journée

Entretien avec le scientifique Michel Jean

Suite à la balade scientifique effectuée le long du canal Marseille au Rhône, le 27 octobre dernier, Michel Jean s’est à son tour prêté au jeu de nos questions, dans le hall de la médiathèque Jean d’Ormesson, à Marignane.

Pouvez-vous vous présenter ?

« Je suis Michel Jean. Retraité, j’étais chercheur au CNRS, dans un domaine que l’on appelle la mécanique, et sur le sens de la résistance des matériaux, dans une activité plutôt théorique. »

Comment en êtes-vous arrivé à participer au projet « Lecture par Nature » ?

« J’avais un collègue qui appartenait lui-même à l’association Polly Maggoo, qui m’a proposé de faire parti de cette association. En même temps, j’ai pratiqué pendant quelques années une activité d’animation scientifique dans les lycées. Chaque fois que Polly Maggoo organise un événement art et sciences, comme celui-ci, je suis commis comme scientifique, chargé de commenter ou donner des explications. »

Qu’avez-vous pensé de cette journée ?

« Finalement, on a fini par oublier la météo. Pour ma part, j’ai appris des tas de choses, j’espère qu’il en est de même pour tous les participants. »

« L’art est perceptible par le public, alors que « l’art » de la science toute seule serait difficilement perceptible si l’on n’était pas initié. »

Pouvez-vous nous exprimer votre avis quant à la rencontre entre l’art et la science ?

« Ah ! (Silence). La science est un art qui s’ignore, au sens où il faut être un petit peu initié pour percevoir ce qu’il peut y avoir d’artistique ou de poétique dans une activité scientifique. Par exemple, en mathématique. Cela peut paraître curieux, mais c’est exact. Je trouve que ce mariage, ou ce rapprochement est tout à fait bienvenu. Je pense que l’on n’a pas besoin du mot « art » pour rendre les choses plus accessibles au public. Ce que fait l’association Polly Maggoo est assez original, car l’empreinte de l’art est très présente. L’art est perceptible par le public, alors que l’art de la science toute seule serait difficilement perceptible si l’on n’était pas initié. »

Jessica Tonin

Entretien avec le scientifique Gabriel Nève

Après une balade scientifique sous une averse ininterrompue, le long du Canal de Marseille au Rhône, à Marignane, le 27 octobre dernier, une projection de sept fictions et documentaires étaient projetés à la bibliothèque Jean d’Ormesson. C’est en ce lieu que nous avons retrouvé Gabriel Nève, qui a généreusement accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

« Je suis Gabriel Nève, maître conférence à l’université d’Aix-Marseille. Je travaille à l’institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale. Je suis né en 1964 et suis arrivé dans la région il y a 19 ans, quand j’ai été nommé maître de conférence ici, à Marseille. »

Quel est votre domaine de recherche ?

« Je fais des recherches sur la biologie des insectes, leur écologie. J’essaie de comprendre le fonctionnement des écosystèmes, en relation avec celui des insectes. Mes travaux se font généralement en collaboration avec des collègues, qui travaillent sur d’autres compartiments des écosystèmes. »

« J’ai eu l’idée de prendre des échantillons de sol, afin de voir la pédofaune »

Parlez-nous de votre participation et implication au sein du projet « Lecture par Nature »…

« Serge Dentin, le directeur de l’association Polly Maggoo, m’a demandé si j’acceptais de participer à une promenade scientifique. Guider des excursions dans un but scientifique est quelque chose dont j’ai l’habitude, d’une part, dans des associations, naturalistes, et d’autre part, dans mon travail d’enseignant. Je suis venu il y a quinze jours afin de préparer la journée d’aujourd’hui, et j’ai fait le parcours que nous avons réalisé cet après-midi. Je me suis rapidement aperçu que chercher des papillons avec trente personnes ne serait pas possible. J’ai donc pensé qu’il était plus judicieux de faire autre chose. De cette façon, j’ai eu l’idée de prendre des échantillons de sol, afin de voir la pédofaune, la faune du sol. J’ai fait une démonstration toute à l’heure, ainsi que des commentaires sur l’écologie du site, au cours de la visite. J’aurais pu en faire davantage  s’il avait fait meilleur. »

Quel est votre sentiment global sur le déroulement de la journée ?

« Je suis ravi d’avoir rencontré des gens intéressés, d’avoir discuté avec certains que j’ai envie d’appeler des « collègues », dans la mesure où l’on est ensemble à guider une excursion. Nous exerçons des professions très différentes, mais c’est justement ça qui a contribué à donner un aspect pluridisciplinaire à cette visite. De plus, j’ai appris beaucoup de choses sur l’histoire de la région. »

« Il y a un aspect un peu poétique lorsque l’on voit les méduses dans leur milieu »

Que pensez-vous de la rencontre entre l’art et la science ?

« C’est quelque chose que je pratique dans mon métier d’enseignant, puisque j’enseigne dans une licence qui s’appelle « Sciences et Humanités ». Y sont mêlées sciences expérimentales et sciences humaines et sociales. On se sert également d’un lien avec l’art et l’histoire de l’art, en combinant des approches artistiques et scientifiques sur un sujet donné. Je suis donc un peu habitué à combiner les approches. Le cinéma permet aussi de montrer à un plus large public des éléments qui seraient difficiles à expliquer. L’exemple qu’a montré Justine (cf. Justine Gadreaud, doctorante à l’institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale, présente sur l’événement) sur les méduses et les nanoparticules démontre que l’on peut se dire « ce sont des manipulations très compliquées », mais en réalité, il y a un aspect un peu poétique lorsque l’on voit ces animaux dans leur milieu. On peut expliquer les choses de façon suffisamment simple pour que ça soit compréhensible pour chacun. Il y a quelque part un aspect pédagogique, le mettre de façon plus artistique fait passer le message, me semble t-il. »

Jessica Tonin

Entretien avec Sabine Allard

Nous avons rencontré Sabine Allard, graphiste, illustratrice et réalisatrice de films d’animation pour lui poser quelques questions suite au premier atelier praxinoscope qu’elle a animé, au sein de la médiathèque Edmonde Charles-Roux Defferre de Berre-l’Etang. Celui-ci a été réalisé avec des enfants, dans le cadre de Lecture par nature et en lien avec l’association Polly Maggoo. C’est à cette occasion qu’ils ont pu apprendre à confectionner cet objet du pré cinéma, avec des matériaux de récupération.

Bonjour Sabine, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Bonjour, je m’appelle Sabine Allard. J’ai une formation de graphiste que j’ai faite aux arts déco de Strasbourg et j’ai évolué professionnellement entre le graphisme, le film d’animation et l’illustration de presse.

Pouvez-vous nous parler de l’évènement Lecture par nature et que représente ce festival pour vous ?

Alors, c’est un festival dans lequel je suis impliquée à plusieurs endroits puisque je mène des ateliers et je participe aussi à une séquence de concerts illustrés le 9 novembre. Je trouve très intéressant le fait de faire vivre la métropole et de se promener dans le paysage.

Pouvez-vous nous parler de l’atelier que vous avez animé aujourd’hui et en quoi consiste-t-il ?

Aujourd’hui, j’ai animé deux ateliers qui se déroulent de la même manière. C’est une découverte du praxinoscope qui est un objet de pré-cinéma et qui permet vraiment une initiation à l’image en mouvement. Chaque enfant est reparti avec un praxinoscope fabriqué par lui même, donc, un petit souvenir de la journée sur lequel il aura pu tester ses bandes sur la thématique d’une machine que l’on pourrait retrouver à Berre-l’Etang en 2040.

Pouvez-vous nous expliquer plus en détail ce qu’est un praxinoscope ?

Le praxinoscope s’appelle aussi parfois ciné manège. C’est un tambour. Sur les parois sont fixées une bande de 12 images en général. A l’intérieur du tambour est fixé un autre petit tambour sur lequel il y a 12 facettes de miroir, tant est si bien que quand cet objet tourne la bande de 12 images s’anime. Ce sont des animations simples, souvent grossissement, réduction, saut, traversée. C’est assez dur à décrire.

« Je valorise beaucoup, et dans la pratique du cinéma, et dans la vie, des travaux fabriqués par la main de l’Homme »

En quoi pensez-vous que l’atelier de découverte des praxinoscopes s’inscrit dans l’événement Lecture par nature ?

Le praxinoscope se rattache à Lecture par nature surtout par la thématique des bandes animées. L’objet, on ne peut pas vraiment dire que ça soit un objet futuriste mais peut-être que ça sera utilisé quand il n’y aura plus d’électricité (rire) et plus rien et qu’on pourra le faire avec des déchets et de la récupération.

Que pensez-vous que l’atelier que vous avez animé peut apporter aux enfants et à leur famille ?

Alors, déjà je pense une curiosité par rapport à la fabrication des images. Je valorise beaucoup, et dans la pratique du cinéma, et dans la vie, des travaux fabriqués par la main de l’Homme. Je pense que ces ateliers, où l’on comprend l’image animée que l’on fréquente tout le temps, mais fabriqué par soi-même ça allie deux pôles qui m’intéressent énormément.

Vous avez déjà eu lors de votre carrière l’occasion de faire plusieurs projets en rapport avec la culture scientifique en général, pourquoi ce choix ?

J’ai fait beaucoup de projets en lien avec la culture scientifique et notamment avec Serge Dentin de Polly Maggoo. J’aime marier le cinéma et la science parce ce que la science est un domaine que je ne maîtrise pas, donc, j’apprend moi-même beaucoup de choses. J’ai commencé en faisant plutôt des films explicatifs, didactiques. Et puis la ça prend des formes nouvelles ou des expériences cinématographiques nouvelles.

Pour terminer, comment imagineriez-vous “demain”, qui est le thème du festival, en un seul mot ?

Pessimiste [rire] à cause de l’écologie !

Merci à  Sabine Allard pour nous avoir accordé son temps lors de cette journée des débuts du cinéma à Berre-L’Étang.

Vous pouvez aussi retrouver sur le même sujet : un article, des photosune vidéo et une interview de Denis Alcaniz, doctorant en cinéma .

Emeline Tribut

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